Les compagnies d’archers et d’arbalétriers apparaissent à partir 12e siècles dans les “bonnes villes”du nord de la France
et connaissent un grand essor lors des troubles de la guerre de Cent ans.

Parallèlement à leur création se développe, le tir au papegaut ou papegeai.

Le papegaut (“papagai” en allemand) désigne en ancien français le perroquet, oiseau exotique aux couleurs vives, idéal pour constituer une cible.
On usait bien sûr d’un oiseau en bois ou en métal, fixé sur une lance arrimée par des haubans au sommet d’une tour, ou placé en haut d’un grand arbre.
Qui l’abattait était proclamé roi du papegaut.

C’est un moyen pratique pour les échevins des villes fortifiées d’entrainer et d’entretenir une milice urbaine apte à défendre les murs de la cité.

De plus cette pratique sportive est valorisée par rapport aux jeux de dé ou à la soule qui sont sources de désordre et de débauche.

Dans le grand Ouest, la capitale du duché de Bretagne , Nantes obtient un jeu de papegaut en 1407.

À Angers, les jeux de l’arc et de l’arbalète sont déjà pratiqués en 1423, lorsque la duchesse d’Anjou, Yolande d’Aragon,
donne aux joueur une maison et un jardin situés rue de la Chartre (proche de l’actuelle rue Saint-Étienne).

Le 12 décembre 1445, le roi René confirme ce don et leur accorde en outre une somme de dix sols par semaine.

À cette date, les compagnies sont déjà organisées en confrérie de Saint-Sébastien, patron des archers.
Leurs membres se recrutent dans toutes les classes de la société, des seigneurs aux artisans et aux ecclésiastiques.

La fête du papegaut a lieu une fois l’an, vers le mois de mai.
Il est tiré au portail Saint-Michel (en haut del’actuelle rue Jules-Guitton), sur la tour Billard.

Les exercices ordinaires se déroulent tous les dimanches aux buttes de tir,
à Angers dans les fossés situés près de la porte de Toussaint, aménagés en 1559.

Au Mans, L'ancien hôtel de la Fontaine à l'angle des rues d'« Ah ! Ah ! », du Chêne-Vert et de Saint-Victeur,
abrite avant la Révolution la société des arquebusiers, les chevaliers du papegay.

Leur roi est élu aussi chaque année, reçoit de Louis XIII lors de sa venue au Mans en 1614, une épée d'honneur comme prix de tir.
Elle est conservée au musée de Tessé.

Devenu moins attractif, moins nécessaire aussi en temps de paix, le papegaut tombe en désuétude dans la seconde moitié du 17e siècle.

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Pescheray tir à l'arc